Propulsé par Rockstar et, qui plus est, attendu par la critique, L.A. Noire avait tout pour réussir, seulement, le jeu de la Team Bondi a bien failli ne pas voir le jour. Et oui, Si le jeu n’avait pas été récupéré par un certain studio à l’origine des GTA, qui sait si l’on en aurait entendu parler, qui sait si autant de gens l’aurait acheté… Enfin, produit par un certain Brendan McNamara à l’origine du premier et médiocre « The Getaway » sur PS2, le jeu est là et bien là, mais saura t-il nous convaincre ? Là est la principale question.
Attention, ceci n’est pas un GTA-like.
Oui, L.A. Noire n’est pas un GTA-like, pourquoi ? me diriez vous. Et bien pour plusieurs raisons que je vais me faire un plaisirs de vous expliquer. On n’est pas là pour définir ce qu’est un GTA-like, mais ce jeu n’en possède que trop peu de codes, à commencer par la possibilité de sortir son arme à tout va, ici, vous ne pouvez pas, quand vous en aurez besoin pour une mission, vous pourrez, mais seulement lorsque l’on souhaiteras que vous sortiez votre arme. Ce qui me permet d’enchainer sur un autre code, la liberté, le jeu bac à sable, alors certes on peut aller où on veut et quand on veut, emprunter les véhicules que l’on souhaite (d’ailleurs j’adore le « L.A.P.D. I need your car ! »), mais pas faire ce que l’on veut, exemple : vous ne pourrez pas déclencher une rixe juste comme ça, non, Cole se mettra en position de boxeur seulement quand ce sera écrit dans le scénario, vous ne pourrez pas non plus tomber d’un immeuble, vous faire renverser par un tramway, renverser les piétons ou encore faire exploser des véhicules. Ramasser ou acheter des armes, n’y pensez même pas, faire du base-jump, des courses de voitures, un tour en hélico, acheter des fringues ou à manger, flinguer à tout va, faire du triathlon, acheter des propriétés, garer ou tuner ses voitures dans un garage, chercher des paquets cachés, encore moins, quoique… Oui, il y a bien des sortes de paquets cachés, ici, ce sont des bobines de films et à part celles-ci, trouver toutes les voitures du jeu, les monuments et faire les quelques délits, vous n’aurez rien d’autres à faire dans l’immense, mais que dit-je, la gigantesque ville que propose L.A. Noire.
Mais alors dans quel genre se classe L.A. Noire ? Un jeu d’aventure ? Oui, à coup sûr, de toute manière tout est quasiment toujours une aventure… Un jeu d’action ? Oui, un peu pourrait-on dire car les scènes d’action sont plutôt rares et lors de celle-ci, vous serez largement assisté, que ce soit au niveau des poursuites où Cole tournera quasi automatiquement dans la bonne direction lors d’un virage serré en courant ou sautera un obstacle sans que vous appuyez sur une touche. L.A Noire possède assurément des bribes de ces genres-là, mais il est surtout un jeu d’enquêtes dont le cousin le plus proche est le Point’n'Click, oui, car il vous faudra souvent fouiller une zone, une pièce de fond en comble pour en récolter des indices, ces phases de jeu sont plutôt intéressantes, mais encore une fois, vous êtes assisté, des petites musiques et tintillements indiquent l’avancée de votre exploration, heureusement, vous pourrez les désactiver. A la suite ou au cours de celles-ci, il vous faudra parler aux témoins ou suspects, on arrive aux phases d’interrogatoires qui sont, selon moi, plutôt impressionnantes coté graphismes, oui car c’est lors de celles-ci que l’on peut voir à quel point les expressions faciales sont poussées et travaillées, et on a d’ailleurs ici le point fort du jeu. Seulement, l’on use et abuse de ce point fort, à tel point que ces phases deviennent lourdes, ennuyeuses et redondantes puis pour ce qui est du fonctionnement, il est toujours le même, vous posez une question, le suspect répond, vous choisissez entre trois choix (vérité, doute, mensonge), et c’est là qu’il faut bien observer son visage pour dire s’il dit vrai ou non.
Attention, ceci n’est pas un jeu produit par Rockstar
L.A. Noire, produit estampillé Rockstar peut effectivement prêter à confusion, et oui, avoir le logo Rockstar apposé sur la pochette de son jeu peut le propulser, pourquoi ? Tout simplement parce que le studio à l’origine des GTA s’est forgé une réputation solide au fil du temps et notamment grâce à la saga Grand Theft Auto. De ce fait, le parallèle entre L.A. Noire et un GTA-like peut également être rapidement fait, enfin, sur le produit L.A. Noire, il faut bien comprendre que Rockstar n’est qu’éditeur, c’est-à-dire qu’il a à sa charge la diffusion et la promotion du jeu, il n’a donc, logiquement, pas touché au développement. Après ce cours éclaircissement, parlons du scénario qui se montre assez confus, pas forcément très prenant, on n’arrive pas à s’immerger dedans, et au bout d’un moment, l’histoire de Cole (le fil rouge du jeu) est tellement peu mis en avant qu’on s’intéresse d’avantage aux sujets des affaires, d’ailleurs, à ce niveau, l’inspiration du Dahlia Noir est à peine cachée et certaines affaires en abuse, à tel point qu’à un moment on a 4 fois de suite la même affaire à résoudre (enfin, ce sont des affaires différentes qui sont quasi identiques), cela rajoute alors un coté répétitif aux interrogatoires déjà rébarbatifs… Avec tout ça, le jeu se montre assez long, pas forcément en termes de durée de vie, comptez une quinzaine d’heures, mais plutôt de par sa redondance.
On appréciera malgré tout quelques points, comme l’écran titre, plutôt classe et dans le ton « années 40″ du titre, la possibilité de rejouer chaque affaire pour perfectionner sa note, le système d’évolution du personnage plutôt bien conçu, car plus vous vous approcherez de la perfection sur une affaire, plus vous gagnerez de points et ceci fera augmenter votre nombre de points d’intuitions, points qui vous servent en quelques sortes de joker lors des phases d’enquêtes et d’interrogatoire. La bande-son très jazzy conforte également le joueur dans cette ambiance des années 40, tout comme la chanteuse Claudia Brucken sur qui je reviendrais prochainement. Pour ce qui est des doublages, il restent en anglais (là on peut dire que c’est typique de Rockstar malgré qu’ils ne soient qu’éditeur), seuls les sous titres sont évidemment en français. En dernier point, je voudrais parler du moteur physique, que je trouve en général assez moyen, aussi bien au niveau des véhicules que du personnage (j’ai déjà énoncé de nombreuses choses sur celui-ci en début de test), mais pour les voitures, je dirais que les chocs se montrent peu convaincants, que ce soit au niveau bruitages et interactions avec le décor (barrière en bois incassables… ?, voitures qui se cogne dans un petit monticule de terre et saute sur place…), pourtant certaines interactions (quand on foncent dans les boites aux lettres ou poubelles) sont réussies, alors, le jeu aurait été finalisé à la va-vite ? Aucune idée, on peut juste remarquer certains manques de détails. On peut également noter des décors assez peu variés, même assez vide parfois (les chantiers), à coté de ça, on appréciera la présence d’un cycle jour/nuit (mode Rue de L.A.), par contre pour le climat, cela restera scripté…
L.A. Noire n’est pas si mauvais que ça, il n’est juste pas à la hauteur de ce que Rockstar a pu nous présenter par le passé (GTA 4, Red Dead Redemptions pour ne citer qu’eux) et nous présentera par le futur (GTA V ?), certes le studio « au grand R à l’étoile » n’est qu’éditeur, mais on sent qu’ils ont mis quand même un peu les mains dans le cambouis et même si le titre reste quand même assez moyen, à commencer par le moteur physique, l’assistanat assez présent et le manque de possibilité d’actions du personnage, il possède quelques atouts novateurs tel que les interrogatoires et le jeu d’enquête. Ces derniers points lui permettent alors de tirer son épingle du jeu et de proposer une aventure plutôt unique en son genre dans une ville immense, juste pas assez exploitée, mais immense.

Editeur : Rockstar
Devellopeur : Team Bondi
Genre/Type : Action / Aventure / Enquête
Plateformes : Xbox360, PS3, PC
Date de sortie : 31/08/2010
Classification PEGI : Déconseillé aux – de 18 ans
